Ce n'est pas un secret que la COVID-19 a affecté les vies de tout le monde dans les dernières semaines, incluant celle de Local Logic (où nous travaillons de la maison depuis un mois maintenant). Notre mission est de comprendre nos villes et ce qui importe aux citoyens des communautés urbaines. Nous étions donc intéressés à savoir comment la pandémie pouvait affecter les acheteurs et vendeurs de biens immobiliers au Canada.

Notre hypothèse était que la crise sanitaire actuelle et ses répercussions financières ont déjà eu un impact sur les vendeurs et acheteurs, et auront une influence encore plus significatives sur les acheteurs prospectifs dans les semaines et mois à venir.

A couple friends and I were walking through the streets of downtown reminiscing our summer. There was a building near one the places I visited in the summer so we decided to climb to the top. The door to the roof was unlocked so we decided to take some photos. Ended up with the brilliant thoughts that remind me of summer 2017.
Photo by Syed Ahmed / Unsplash

‌Vu que les produits Local Logic sont utilisés sur approximativement 80% des portails immobiliers au Canada, nous avons une bonne compréhension des utilisateurs magasinant une maison ainsi que l'inventaire disponible. Nous avons étudié ces données et leur évolution au cours du temps; et les résultats pourraient vous surprendre.


Le rapport complet de 18 pages en anglais est disponible au téléchargement en PDF gratuitement. Nul besoin de s'enregistrer ou de donner votre courriel. Trop long à lire? Continuez de lire pour notre résumé et les points clés

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La pandémie et la crise économique distraient les acheteurs

Débutant dans les premers jours de mars, les nouvelles des quatre coins du monde ont commencé à résoner plus fréquemment au Canada poussant le gouvernement à communiquer des premières directives. C'est également à ce moment que nous avons vu la première diminution de trafic significative sur les portails immobiliers (Figure 1). Historiquement, le printemps est la saison idéale pour le marché immobilier. Et en effet les chiffres de l'année dernière atteignaient leur apogée aux alentours de mars-avril; une différence significative comparativement aux chiffres actuels (plus de détails en page 5 de notre rapport gratuit).

Figure 1. Cas de COVID-19 au Canada vs. changement du trafic quotidien sur les portails immobiliers au Canada
(comparé aux moyennes de Janvier).
Le coefficient de corrélation entre les deux (en date du 5 Avril 2020) est -0.885, ce qui indique une forte corrélation négative.

Nous avons également remarqué que les agents immobiliers sont beaucoup moins contactés qu'avant. La tendance est claire avec une chute de 35% à travers le pays du ratio agents contactés par annonce vue. Les mesures de distanciation physiques pèsent sur les acheteurs qui prennent moins d'initiatives. Ils attendent probablement que la crise passe et retardent le début de leur processus d'achat.

Figure 2. Changement en pourcent des conversions (agents contactés) par annonce vue, comparativement au 1er mars 2020. La ligne noire représente la tendance; les points rouges le changement au jour le jour.

Au milieu d'une instabilité globale, les vendeurs attendent

Pour le moment, les derniers rapports des associations d'immobilier sont pour mars 2020 et elles montrent encore une augmentation des transactions par rapport à l'année dernière. Cependant, en se basant sur nos données qui couvrent les nouvelles annonces, nous pensons que ceci changera probablement bientôt.

À travers le pays et avec chaque jour qui passe, moins d'annonces de vente sont publiées. Encore une fois, il y a une corrélation négative entre ceci et les nouveaux cas confirmés de coronavirus. La Figure 3 présente les chiffres pour les quatre provinces les plus touchées par la COVID-19. Dans la plupart des cas, nous pouvons voir une tendance à la hausse jusqu'à la fin février-début mars, mais cette tendance vire à la baisse alors que les nouvelles de la pandémie se sont répandues et son impact est devenu plus clair.

Figure 3. Nombre de nouvelles annonces de vente pour les provinces les plus affectées, 2020

Pour le moment nous ne voyons pas de changements significatifs sur la valeur des propriétés, mais il est encore trop tôt pour affirmer que cela sera encore le cas dans un mois ou deux. Les derniers rapports sur le Housing Price Index de Teranet supportent nos découvertes, vu qu'ils montrent une tendance à la hausse au début de 2020, mais sans encore inclure de données de mars 2020. Vu que certains vendeurs sont naturellement réticents à baisser leurs prix, une chute de la demande pourrait mener à ce changement dans les prochaines semaines ou mois. (Retrouvez plus d'informations et de données sur les vendeurs canadiens en page 13 de notre rapport complet.)

Qu'est ce que cela signifie pour le marché immobilier canadien?

Les données immobilières publiées indiquent que le marché n'a pas encore été affecté par la crise sanitaire mondiale, mais de nombreux indicateurs laissent à penser que cela risque de changer rapidement. Nous avons déjà vu des effets à court terme de la pandémie sur le marché canadien, principalement avec les changements d'interactions et de réponses aux annonces en ligne.

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Photo by Glenn Carstens-Peters / Unsplash

À cause des directives de confinement et des pratiques d'auto-isolation à travers le pays, les visites libres n'ont pas lieu aussi fréquemment et les acheteurs potentiels contactent des agents beaucoup moins souvent (nous voyons une baisse de 35% à travers le pays en un mois).

Bien que les transactions résidentielles augmentent encore, nous attendons un résultat plus négatif dans les prochains mois. Et ce, à cause des facteurs suivants:

  • la diminution de l'inventaire des propriétés en revente dans le dernier mois
  • la chute nette du taux de contact d'agents
  • la réponse du marché des territoires affectés en premier
  • la réponse historique des marchés à d'autres pandémies

En prenant en compte tous ces éléments, nous pouvons nous attendre à un ralentissement des transactions à travers le pays dans les prochains mois pour une période limitée.

Bien qu'il n'y ait présentement aucune indication que les prix chuteront sur le long terme, cela pourrait se produire comme résultat indirect de la crise économique générée par la pandémie. De nombreux acheteurs et vendeurs pourraient se retrouver sans revenu, en faillite, ou avec une dévaluation de leur épargne, ce qui peut affecter à la fois l'offre et la demande.

La réponse gouvernementale à la crise financière aura également un impact significatif sur la situation. Certaines des mesures initiales déjà prises (contrôle des taux d'intérêt, indemnités pour perte d'emploi, et d'autres paiements directs) pourraient améliorer la situation une fois que le marché commence à se remettre de la crise et retrouver une certaine normalité. Nous croyons que les prix chuteront, mais pas de manière extrême.


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